Résistance de Borrélia aux traitements antibiotiques classiques

Le traitement « standard » de la maladie de Lyme est de 2 à 4 semaines d’antibiotiques. S’il peut suffire dans le premier stade (érythème migrant), il est bien insuffisant lorsque la bactérie s’est disséminée dans le corps. De nombreux travaux scientifiques ont démontré la persistance de Borrelia dans le corps malgré des mois de traitements antibiotiques.

Comment cette bactérie arrive-t-elle à survivre malgré un traitement antibiotique suffisant pour d’autres bactéries ?
Ces facteurs pourraient — au moins en partie — expliquer des réinfections fréquemment récurrentes avec les spirochètes, et le caractère souvent récurrent des symptômes entrecoupés de phase de dormance apparente du microbe.

Elle se divise très lentement

Les antibiotiques de type pénicilline (amoxicilline), utilisés couramment pour traiter une maladie de Lyme, agissent au moment de la division cellulaire : au lieu de se diviser en deux, la bactérie éclate et meurt. Ils ne peuvent donc agir que sur les formes actives en train de se multiplier. Borrelia a la particularité de se diviser extrêmement lentement : une à deux divisions par 24h, alors que d’autres bactéries comme Escherichia coli se multiplie 3 fois par heure, c’est-à-dire 36 à 72 fois plus vite. Ceci explique pourquoi les traitements doivent être beaucoup plus longs pour couvrir le même nombre de cycles de reproduction qu’avec d’autres bactéries.
C’est pourquoi les 2 à 4 semaines de traitement classiques en France sont considérées comme insuffisantes par beaucoup de médecins spécialistes, qui recommandent 3 à 4 semaines après la disparition des symptômes.

Elle change de forme

Comme vu précédemment, Borrelia peut se présenter sous différentes formes suivant les conditions. Elle peut changer de forme en présence d’un antibiotique, se transformer en kyste où elle reste en dormance jusqu’à ce que le milieu ne lui soit plus défavorable.

Les antibiotiques de type pénicilline et les céphalosporines ne peuvent attaquer que la forme spiralée, avec paroi. Pour attaquer les autres formes, il faut d’autres antibiotiques.

  • Certains seront utilisés pour les formes intra-cellulaires : macrolides, quinolones, tétracyclines.
  • D’autres contre les formes kystiques : metronidazole, hydroxychloroquine.
  • Dans les bio-films, les antibiotiques pénètrent mal. Il faut lyser la membrane du bio-film avec par exemple de la serrapeptase ou de l’extrait de pépin de pamplemousse.

Les médecins connaisseurs de Lyme traitent avec des combinaisons de plusieurs antibiotiques. Pour éviter les interactions et les effets secondaires, alternent les molécules par rotation. Ils réalisent également des thérapies pulsées : alternance de prise et d’arrêt, à des rythmes variables.
De plus, comme toutes les bactéries, Borrelia doit développer des résistances aux antibiotiques.